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Extrait de l'exposé de Jean-Marie PETITCLAIR issu de:

" Quelles réponse à la délinquance des jeunes? "Page 3/4


La guerre des boutons sans limite.

Le fait qu’une bande d’adolescents s’en prenne à une autre au seul prétexte qu’elle n’est pasissue du même territoire n’est pas nouveau : la Guerre des boutons montre comment, dans nos campagnes, des bandes d’adolescents s’en allaient semer la zizanie dans la fête organisée par les jeunes du hameau voisin.
Mais ce qui paraît plus inquiétant, c’est que cette violence ne connaît pas de limites.

 

En 1999, un jeune argenteuillais de seize ans est mort poignardé par un gamin de quatorze ans, pour une histoire de blouson prêté et rendu sali. Qu’on se batte pour un motif futile de ce genre, cela a toujours existé ; mais qu’on en vienne à se tuer, c’est la preuve que ces jeunes n’ont pas assimilé les limites au-delà desquelles ils doivent maîtriser leur agressivité.

 

Une violence gratuite
Autre différence, dans les années 1980, 80 % des délits commis par des jeunes étaient de l’ordre du vol ; c’était une délinquance “utilitaire”. Aujourd’hui, à côté de cette délinquance des réseaux d’économie parallèle, on voit se développer une violence gratuite, qui ne rapporte rien : brûler un abri de bus, agresser un agent de la fonction publique, incendier un véhicule…


L’impuissance des adultes.
Un autre trait inquiétant réside dans la difficulté des adultes à réguler cette violence : au temps de La Guerre des boutons, l’adulte surgissait et les gamins cessaient de se battre ; aujourd’hui, les adultes ont tendance à passer leur chemin. Or seule leur intervention peut réguler la violence, car, comme le dit Comte-Sponville, « la violence est la manière naturelle de régler le conflit » : ce qui n’est pas naturel, et qui est donc le fruit de l’éducation, c’est la capacité denouer une relation respectueuse avec autrui.


Autrement dit, le problème de la violence des jeunes est d’abord celui d’un déficit d’éducation.

 

Don Bosco, grand pédagogue du XIXe siècle, qui était confronté, déjà à cetteépoque, à la violence des jeunes dans les faubourgs de Turin, déclarait en 1883 : « Ne tardez pas à vous occuper des jeunes, sinon ils ne vont pas tarder à s’occuper de vous ».

 

Les bébés du XXe siècle ne sont pas nés plus violents que ceux du siècle précédent. La question qu’il faut se poser, c’est pourquoi les adultes parviennent moins bien qu’autrefois à apprendre auxenfants et aux adolescents à maîtriser leur agressivité pour qu’elle ne se transforme pas enviolence. Cette impuissance me paraît liée à trois grandes crises.

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