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J'ai attendu d'avoir suffisamment de recul pour (re)écrire cet article car je ne voulais pas réagir trop attivement à ce que j'ai observé et entendu, depuis le début du projet.


Mais après presque 3 ans de travail dans les écoles primaires, auprès des personnels et des enfants, je dois le reconnaitre, ma difficulté majeure dans la mise en place et la pérénisation du projet Ni hérisson ni paillasson est de convaincre les adultes que nous avons aussi une part de responsabilité dans l'amélioration du vivre ensemble.


L'enfant ne peut pas tout et quoi qu'il fasse il a besoin de l'adulte, pour se sentir valorisé, aidé, conseillé. Besoin d'une personne capable de bienveillance et de fermeté.

"Bienveillance et fermeté", que ces 2 mots semblent difficile à concilier pour bien des adultes...


Les parents ne sont pas seuls responsables de l'impolitesse, voir de la violence de leurs enfants.  Malheureusement, c'est eux(avec l'enfant) qui sont souvent désignés comme les seuls coupables. Et en échange, certains parents, tiennent pour seul responsable l'animateur, l'enseignant, l'éducateur.

Et la boucle est bouclée...

 

"C'est pas moi, c'est lui !"

Sur la cinquantaine de personnel(cantine, surveillance) que j'ai rencontré et observé lors de ma démarche, peu ont montré une réelle volonté d'endosser leur part de responsabilité, peu ont semblé enclin à faire cet effort pour protéger la paix et le mieux-vivre ensemble.

La plupart se contentent de fustiger les enfants, parfois les parents, mais ne supportent pas (ou peu) d'être remis en cause. Autrement dit, "ce n'est pas à moi de faire des efforts".

 

Le mal par le mal

Et l'on se retrouve dans une situation paradoxale et totalement absurde ou l'enfant devient la référence en matière de politesse(d'impolitesse) et de respect (d'irrespect)!

dispute-adulte-enfant.jpgOn assiste alors à des scènes surréalistes ou l'adulte, boudeur et rancunier, va se conduire comme un petit enfant avide de pouvoir et de vengeance. Il justifie bien souvent ses écarts de comportements et de langages par cette phrase  à la Ponce Pilate "On est obligé  ", sous entendu, "on n'y est pour rien, c'est l'enfant qui nous pousse à réagir de la sorte".

 

Du coup, les "bonjour" "merci", s'il te plait,..."ont presque disparu du langage usuel, remplacé par des injonctions(parfois très fortes) qui ne font que traduire les rapports tendus, voir conflictuels qui existent entre les enfants et les adultes. Vous avez dit"Mieux vivre ensemble ?"

Et lorsque je me risque à demander pourquoi, la plupart des adultes me répondent "Et eux (les enfants), vous croyez qu'ils sont polis ?"

Qui éduque qui ? Je vous le demande !

 

Et l'enfant dans tout ça ?

Le projet prévoit des sanctions pour l'enfant qui transgresse les règles(voir tableau des sanctions). L'adulte a mème la possibilité de demander une exclusion.

Pourtant, cela ne suffit pas toujours à calmer la colère et la rancoeur(?) de certains adultes qui vont infliger des punitions voir des humiliations à l'enfant qui a eu le malheur de désobéïr.

Mais cet adulte, que risque t-il ?


"On n'est pas parfait !" me disait une animatrice. Personne ne l'est et ce n'est pas souhaitable à mon sens. L'erreur est humaine, mais si, en plus, elle est humanisante, alors, nous avons tous à y gagner !

Pourtant, à entendre certains adultes, j'ai le sentiment que ce que l'on demande à l'enfant , c'est justement ...la perfection.

Si nos erreurs pouvaient au moins servir à nous rendre plus tolérants...


Alors je le répète sans hésitation, la plus grande difficulté que je rencontre actuellement dans ma démarche éducative est celle de convaincre l'adulte de bien vouloir endosser son rôle de guide, d'accompagnateur, d'éducateur, capable d'écouter la voix de l'enfant qui le pousse à davantage de cohérence. Un adulte qui accepte de donner plus de responsabilités et ...de pouvoir à l'enfant, un adulte capable de reconnaitre ses erreurs...

 

I have a dream...

Une école qui deviendrait une zone de non-agression, de non-violence, un endroit ou l'on se disputerait "sainement", ou l'adulte et l'enfant seraient aussi respectables l'un que l'autre, ou les parents, les éducateurs travailleraient en bonne intelligence, dans le mème sens, pour le mème objectif...l'interêt de l'enfant, laissant de côté les vus personnels de chacun, les préjugés et les rancoeurs.


Allez, au boulot ?

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