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Pour régler un conflit, nous faisons quelquefois appel à la violence ,qu'elle soit verbale, psychologique ou physique.

Et parfois, pour ne pas dire souvent, cette violence parait justifiée, voir inévitable ,du moins aux yeux de celles ou ceux qui en sont les auteurs.(Voir cet article)

 

Comme s'il n'y avait pas d'autres choix en réponse à un comportement qui n'est pas conforme à nos attentes.


La violence s'impose parfois avec une telle évidence, que l'on pourrait finir par penser, à tort ou à raison, qu'elle est naturelle chez l'homme.


Si tel est le cas, existe-t-il un moyen de changer cette "logique" ?


Voici quelques tentatives de réponses.

 

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(Extrait de l'ouvrage "De la non-violence en éducation")


La violence est tellement présente au coeur de l'histoire des hommes que nous sommes parfois tentés de penser qu'elle est inscrite au coeur même de l'homme. La violence serait ainsi "naturelle" pour l'homme. Il serait donc vain de parier sur la non-violence puisque ce serait aller contre la loi même de la nature.

En réalité, ce n'est pas la violence qui est inscrite dans la nature humaine, mais l'agressivité. La violence n'est qu'une expression de l'agressivité, mais non l'agressivité elle-même, et ce n'est pas une nécessité naturelle que l'agressivité s'exprime par la violence.

 

(Extrait de l'ouvrage "De la non-violence en éducation")
    

 L'homme est un animal juridique, c'est-à-dire qu'il a besoin de raisonner pour justifier, à ses yeux et aux yeux des autres, son attitude, son comportement et son action.

Mais l'homme étant également un animal violent et il va vouloir se convaincre que la violence est un droit de l'homme.

 

Les animaux ne sont violents que du point de vue de l'homme, car ils sont incapables de penser leurs "violences".
C'est vrai que le gros poisson mange le petit poisson et que le loup mange l'agneau. Mais les animaux ne sont pas responsables de ces "violences".


Seul, parce qu'il est un être de conscience et de raison, l'homme est responsable de ses actes et donc de ses violences. C'est parce que la raison est le propre de l'homme, que la violence est également le propre de l'homme. Seul, également, il peut mettre la puissance de sa raison au service de sa violence.

C'est pourquoi l'homme est le seul être vivant à pouvoir faire preuve de cruauté envers son semblable. "On compare parfois la cruauté de l'homme à celle des fauves, remarque Ivan Karamazov, l'un des personnages de Dostoïevski; c'est faire injure à ces derniers. Les fauves n'atteignent jamais aux raffinements de l'homme59."

La violence ne relève pas de l'animalité,mais de l'inhumanité, et c'est bien pire.

59 Dostoïevski, Les frères Karamazov, Paris, Gallimard, 1948, p. 221.

 

(Extrait  du compte-rendu intitulé: Quelles réponses à la délinquance des jeunes")

 

« la violence est la manière naturelle de régler le conflit » : ce qui n’est pas naturel, et qui est donc le fruit de l’éducation, c’est la capacité de nouer une relation respectueuse avec autrui.

Autrement dit, le problème de la violence des jeunes est d’abord celui d’un déficit d’éducation.

Don Bosco, grand pédagogue du XIXe siècle, qui était confronté, déjà à cette époque, à la violence des jeunes dans les faubourgs de Turin, déclarait en 1883 : « Ne tardez pas à vous occuper des jeunes, sinon ils ne vont pas tarder à s’occuper de vous ». Les bébés du XXe siècle ne sont pas nés plus violents que ceux du siècle précédent. La question qu’il faut se poser, c’est pourquoi les adultes parviennent moins bien qu’autrefois à apprendre aux enfants et aux adolescents à maîtriser leur agressivité pour qu’elle ne se transforme pas en violence.

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