30 décembre 2012 7 30 /12 /décembre /2012 09:48

Dans le cadre du projet ni hérisson ni paillasson, la manière de communiquer avec l'autre est un élément important de l'action éducative que nous menons, mème si le fait de demander à un adulte de s'adresser à un enfant avec respect et courtoisie, dans toutes circonstances, peut paraitre, de prime abord, tout à fait logique.

Les observations réalisées sur le terrain montre cependant que les formules de politesse et de courtoisie qui s'appliquent (en principe)au "monde des adultes" tendent parfois à disparaitre(par inadvertance ou volontairement) lorsqu'il s'agit de s'adresser aux enfants. Plus conséquent, lors d'un conflit entre un enfant et un adulte, il n'est pas rare que ce dernier fasse preuve d'excès de comportement et de langage, dans des proportions qu'il ne s'autoriserait peut-être pas avec l'un de ses pairs.

La remarque faite, certains adultes prèfèrent minimiser l'impact de ces "emportements" sur l'éducation de l'enfant, considérant qu'un enfant est capable de comprendre que l'adulte a droit à quelques "écarts".

Dans un projet qui vise à l'égalité des droits et des devoirs, ce point de vue peut s'avérer fort discutable...

 

Comme pour l'enfant,
Les messages clairs sont une bonne base pour apprendre à l'enfant à exprimer ses besoins et ses émotions dans le respect de l'autre.

Dans le projet ni hérisson ni paillasson, l'adulte est aussi vivement encouragé à pratiquer ce type de communication, mais, au risque de me répéter, il est plus difficile de convaincre un adulte qui pense être exempté, par son statut d'adulte, de ce type de contrainte.

 

Pourquoi communiquer de cette manière ?

C'est peut-être en répondant à cette question que l'adulte trouvera des raisons (ou pas) d'utiliser (ou pas)une communication qui favorise le mieux vivre ensemble. Si l'adulte pense que son attitude peut contribuer à éduquer et aider l'enfant, il aura surement à coeur de montrer l'exemple.Dans le cas contraire, cela lui paraîtra probablement accessoire voir complètement inutile. Mais dans un soucis de cohérence, l'adulte ne doit, malgré tout, pas ignorer que l'enfant est sensible au contradiction d'un adulte qui ferait le contraire de ce qu'il impose à l'enfant.

Le sujet est largement abordé dans ce blog...


Personnellement et au delà de l'aspect pédagogique de la démarche, j'estime que le mieux-vivre ensemble se construit dans l'égalité et le respect des droits de tous et que la façon de parler et de se comporter avec les autres joue un rôle prépondérant dans la construction du modèle relationnel que nous proposons aux autres.


Pratique,technique:

S'affirmer dans son rôle d'adulte, tout en respectant les droits de l'enfant n'est pas toujours simple. Mais si j'ai réellement et sincèrement pour objectif le bien-être de l'enfant, mème lorsque je me plante, les conséquences pour l'enfant seront surement limités.


Voici une méthode dont chacun peut s'inspirer pour construire ses propres messages. Elle vient des messages clairs et des différentes techniques existantes (voir ICI).

 

Quand je m'adresse à un enfant (lors d'un incident ou d'un simple rappel à l'ordre par exemple), je dois avoir à l'esprit que ce n'est pas l'enfant, la personne qui me pose problème mais un comportement, un acte, une attitude.


1. Je parle des faits avec précision, sans interprétation, sans juger, sans crier:

"Tu viens de frapper ton camarade" est préférable à "C'est toujours toi qui frappe"

"Tu as pris cette balle à Julie" au lieu de "Tu es un voleur"

"Tu te lève sans autorisation" au lieu de "Tu ne respectes rien"

"Là, je pense que tu ne me dis pas la vérité" est préférable à "Tu es un menteur"

“Je n'ai pas l'impression que tu as écouté ce que je viens de dire” au lieu de “tu n'écoutes rien quand je te parle !”

 

Juger l'enfant, c'est le figer dans un comportement, c'est lui mettre une étiquette dont il peut avoir du mal à sortir et dont nous pouvons consciemment ou inconsciemment nous imprégner et qui peut finir par conditionner et altérer notre opinion.

C'est un peu comme si un conducteur qui fait un excès de vitesse au volant de sa voiture serait considéré comme un danger permanent ou si un contribuable qui commet une fraude aux impôts serait accusé de vol dès que quelque chose disparait sur son lieu de travail.

 

2. J'utilise le "Je" pour parler de ce que je ressens et de mes besoins:

"Je suis en colère" est préférable à "Tu m'énerves"

"J'ai besoin d'être écouté" est préférable à "Tu n'écoutes rien"

"J'ai besoin de silence" au lieu de "Tais-toi !"

 

Apprendre à parler de soi et de ses besoins, plutôt que de chercher à qualifier, à juger ou à discréditer l'autre.

 

3. Je formule mon message calmement, fermement, clairement (comme on le demande souvent aux enfants).

"Tu viens de frapper ton camarade et ça me met en colère, tu comprends ?

Quand je t'appelle et que tu ne viens pas, ça m'agace, tu comprends ?

Être obligé de répéter 3 fois la mème chose me met en colère, tu comprends ?


4. Je dis aussi mes besoins:

“J'ai besoin que vous soyez en rang pour vous compter”

“J'ai besoin d'écoute pour vous expliquer les consignes”

“J'ai vraiment besoin que tu restes calme pendant que tes camarades mangent”

 

En règle générale, évitons d'enfermer l'enfant avec des mots/expressions comme:

“Toujours, tout le temps, jamais, encore,..., C'est toujours les mêmes..., Avec toi, je suis tout le temps obligé de répéter..., Tu n'écoutes jamais ce qu'on te dit..., C'est encore toi...,

 

Conclusion: Tous ces conseils ne serviront que les personnes qui sont convaincues du rôle qu'ils ont à jouer dans la construction du mieux-vivre ensemble. Pour les autres, je doute qu'aucun argument ne suffise à les convaincre...

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Marcel

Le blog déménage